Jeudi 19 novembre 2009


                     il y avait cette surface mouvante
                        bleue 
                                  bleu pétrole

              éminemment scintillante

               parce que la lumière

                              éclatait réfléchissait

 je me laissais  couler

                                                                                    naufrage

                           elle devenait plate

         mur étrange

              des faisceaux se formaient

           éclairant des fonds

          les rochers devenaient  montagnes

           inversées

             vertige

           la peur aurait pu m’étreindre

      me serrer le cœur les poumons

                                 je respirais à minima

                     mes yeux s’ouvraient

                couleurs nouvelles

                                          mouvances d’algues

               fleurs d’autres terres

            prairies où je cherchais les sirènes

           les étoiles rosées

les coquillages nacrés

               l’horizon                                       l’horizon

je m’incrustais

un silence liquide m’enveloppait

perçait mes oreilles

passait sur mes seins

sur de nouvelles écailles

comme une caresse inattendue

enveloppe  sensuelle

       aucun son ne sortait de mes lèvres

                           murmures inaudibles des vagues

                 je passais dans une autre dimension

sans  question

juste la douceur indicible de me savoir là




* photo jeanne 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par jeanne
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Lundi 16 novembre 2009

 nous avions rendez-vous

    enfin

après tant de temps, nous allions  pouvoir nous toucher

pas que des yeux, plus des yeux

nous allions jouer de nos mains de nos corps de notre musique

avec tous nos désirs accumulés depuis toutes ces années

je voulais un endroit magique pour cette première fois

et j’en avais un

une vieille maison 
un creux de colline dans un petit village

 y aller la veille pour tout préparer

je voulais que ce soit  je n’osais dire parfait

gabriel devait arriver tôt, je lui avais tout expliqué, le chemin, le parking la maison

Je l’attendais vêtue de cuir noir

    des chaussures vertigineuses

 en riant je disais qu’elles n’étaient pas faites pour marcher

j’avais soigné mon maquillage

sorti mes peintures de guerre,  tendre la guerre

ma bouche rouge mes yeux noirs chargés au charbon

les cils allongés de mascara

je t’attends gabriel je t’attends

La maison avait un étage

j’étais en haut dans la chambre
en bas la porte s’ouvrit

sa voix : léna ?

Il était là…

comment empêcher mon cœur de sauter dans ma poitrine

mes jambes de flageoler mes mains de trembler

en descendant les escaliers je m’accrochais à la rampe

une simple corde

j’avais la bouche sèche

doucement je me rapprochais de lui

lui de moi

nos regards se prenaient

 à me noyer dans le noir de ses yeux

je volais, gabriel

je volais vers toi dans tes bras

heureuse je touchais le bonheur du bout de mon aile…

un baiser long interminable

qui perçait mon âme allumait un incendie irradiait mon ventre

 j’aurai pu tomber

l’émotion, les chaussures

il me tenait fermement

 nous tanguions un peu

il y avait les 47 marches à monter….

 

Après une route impossible, j’étais devant léna, elle était prête visiblement prête

elle m’expliqua que le lit était à l’étage

Un lit métallique, à barreaux comme celui dont nous avions parlé un jour

Le cuir sur elle

ses talons vertigineux

son maquillage subtilement outrancier me plongeait déjà dans une excitation indescriptible et extrême

je la pris dans mes bras 
dans l’odeur du cuir du café  de la cigarette

je l’embrassais longuement avant d’entamer

marche par marche

l’escalier qui montait à la chambre

je me frottais à elle la frôlais

la serrais

nos regards déjà complices

l’ambiance de la chambre était trouble

préparée à l’excès de nos gestes

préparée à un corps à corps sans retenue

un rai de lumière éclairait le lit cage

un peu de soleil à travers les volets mal joins

 je sentais de multiples désirs m’envahir

léna sentait tout cela

elle s’allongea sur le lit,releva les bras

de façon à ce que ses poignets soient si  prêt du métal que les attacher devenait une évidence

ce que je fis… des cordes soyeuses étaient là sur le drap

tout son corps était une invitation
un endroit où je voulais me perdre

entre ses cuisses entre ses bras j’étais son prisonnier

nos regards nos corps nos sexes se reconnaissaient

ils s’emboîtaient prenaient leur juste place

nous étions liés

intiment liés

je m’immiçais entre peau et cuir dans une excitation que léna savait rendre intenable inavouable

Nous nous prenions

 corps

 yeux

 mains

bouche

dans une simplicité qui me dépassait me procurant un plaisir qu’aucune femme n’avait su me révéler

comme si nous nous étions toujours connus

 nos corps se reconnaissaient s’aimaient

la jouissance nous envahit à plusieurs reprises sans altérer nos fantasmes nos désirs qui se poursuivaient ainsi interminablement

je coulais en elle et je sentais le plaisir qu’elle avait à aller au delà du plaisir même

dans les espaces enfouis de ses désirs
bien au delà de l’amour…

 

 

 

  * photo jeanne

 

 

Par jeanne
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Jeudi 12 novembre 2009

 

tout semblait couler

le temps l’amour le sable

tout sembler m’entourer

me tenir chaud de tendre

d’une si belle couleur

à mes yeux

comme une couverture

dorée mouvante

de soleil

changeante de vagues

tout semblait bleu

     tout semblait horizon

la mer savait se plier

quand il fallait qu’elle se plie

le temps était compté en grains de lune

en mots passion

                                              en minutes patientes

                                               en heures d’attente

un grain juste un grain détaché

pouvait arrêter le temps

 modifier les repaires

 devenir nuages lourds

 les mots se noyaient de lettres inconnues

alors

                 j’emplissais mes poumons d’oxygène

                         je remontais

                                                      bulle d’airair

m’échouer sur des rochers roses

épuisée mais vivante

               encore toujours

                                               je déployais mes ailes

                                                 à toucher le bleubleu

 

 

 * photo jeanne

 

Par jeanne
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Mardi 10 novembre 2009

 

gabriel était là, dans cette autre ville

devant moi devant mes yeux
à portée de mes mains de ma bouche

je ne savais quoi dire, lui non plus

nous nous regardions plongeant vertigineux

assise à coté de lui je buvais son visage

Il avait toujours cet air un peu mystérieux d’homme des îles

je ne voyais rien

que lui

lui et moi comme dans notre classe avant, dans notre équipe mais je n’avais pas envie de rire

ni de pleureur d’ailleurs

le temps devenait autre

Une bulle semblait s’être formée autour de nous

silence total
arrêt sur images

dans un film on n’entendrait plus le bruit des voitures qui continueraient à rouler

dans un film la fontaine coulerait sans ce son si particulier

plus de klaxon

plus de rire

plus de chant d’oiseaux

ce serait nous

camera serrée sur nos visages

que nous

juste nous

Il était là

Un silence léger comme l’air

Comme cette lumière si particulière

c’était l’automne je m’en souviens

mon attachement à l’automne venait-il de là ?

aujourd’hui elle se le demandait

je m’assis à coté de lui mais pas trop près

à portée demain mais pas trop près

à portée de lèvres mais pas trop près

j’avais envie de rire un rire comme j’aurai

plus tard quelques fois après l’amour

ce rire venu des profondeurs comme une victoire sur la mort ?

enfin il parla

pourquoi cette ville ?

la fac ?

oui et non

son architecte de père avait construit une maison dans la campagne environnante

il habitait là.

je devais sourire béatement car son rire éclata sonore

et  vivant

remettant la vie en marche

des nouvelles des copains ? non

pierre ? non plus

sa question n’était pas anodine

le dernier film ? oui superbe

petit à petit ça se dénouait là

se nouait ailleurs dans mon ventre

lui enfin..


j'étais là, assis près d'elle,  son odeur me revenait m'enivrait
j'étais si près d'elle que tout aurait été possible
ma main sur sa cuisse, un frisson dans son entre jambe
ma bouche à deux doigts de l'étreindre
ma main dans ses cheveux ou dans son cou
mais je savais et je sentais confusément que ce n'était pas le moment
nous avions attendus tellement longtemps que le moment de la rencontre devait être rare et magique
je bouillais mais parvenais à me contenir sans que mon excitation soit vraiment visible
je savais que léna savais combien elle me troublait
elle en abusait d'aileurs un peu
en croisant et décroisant ses genoux dans un bruit qui ne me laissait pas insensible ni indifférent
elle scrutait d'ailleurs mes réactions attendait peut être quelque chose de moi
un mot...
je nous sentais prêt à nous aimer, mais je voulai que l'attente soit aussi un élément sensuel de notre première rencontre charnelle
je lui fis quelques remarques sur la beauté du cuir rouge
qui l'enserrait
 combien je trouvais ses talons exagérement hauts, mais qu'elle savait si bien les porter
elle accusa sa satisfaction par de légers sourires qui laissaient entrevoir qu'elle n'était pas dupe de l'effet que cela avait sur moi
j'avais un mal fou à le dissimuler
mais je préférai lui annoncer que j'avais un rendez-vous professionnel et que nous pouvions 
sans doute
nous donner un véritable rendez-vous dans quelques jours
ce que nous fimes

je t'attendais gabriel...
j'avais un car à prendre
j'aurai voulu ne plus bouger
être là près
autour de lui
nous donnions enfin rendez-vous,
pour la première fois 

 

  * photo jeanne

 

 

 

Par jeanne
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Samedi 7 novembre 2009

c'était là
au fond de moi

parfois de temps en temps long de temps
 
comme une langueur

                              comme une attente impatiente

 

comme un désir

                        D’ailleurs

                        D’autres mers

                        D’autres soleils

                                                        Un désir d’amour

                                                  Plus fou

                                        à  mordre

                                        la lune

                                 que je voyais pleine

                                   si ronde

                                    si pâle

                                      si loin…

                                les arbres se déhabillaient

                             doucement

                             l’érable prenait ses quartiers d’hiver

 

                          ici c’était l’entre deux

entre fin et début de quelque chose

entre un automne qui voudrait rester un peu

et une saison qui n’était pas encore le froid

mais c’était toujours


pleinrêve
pleinrêvepleinrêvepleinrêvepleinrêve



* photo jeanne 

 

 

 

 

 

 

 

Par jeanne
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jeanne007

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