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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 14:32
photo jeanne

photo jeanne

 


 

 

cher patric,

dans l’île du soleil levant, isabelle m’a envoyé tes mots.

un peu surprise, mais pas tant finalement.

« elle ferma les yeux pour le revoir » dans la lumière de fin de jour, tu sais cette lumière dorée exagèremment rousse, fugace, que l’on voudrait retenir pour que la nuit ne vienne pas.

ces quelques instants s’impriment au fond de nos crânes,

cette lumière inoubliable qui nous habite, qui nous fait rêver.

là elle le revoyait, sylouette noire élancée, comme une ombre chinoise. elle le revoyait avant de l’oublier, elle serra encore sa main « pour dormir avec lui »

elle l’oubliait, elle savait l’oublier, elle oubliait, même si quelques souvenir affleuraient son esprit. « lui sourit à ce soir 9heures » à 9heures ce soir elle n’y serait pas

ni ces 9 heures, ni toutes les 9 heures à venir.

elle ne viendrait plus. plus aucun soir d’aucun jour. les couchers de soleil seraient lettres mortes. Aucune heure où elle serait là à attendre.

« les jambes disparues elle entra dans l’eau noire » oui l’eau était noire, elle avait gardé longtemps le reflet du couchant, qui avait pris la couleur noire et froide qui lui faisait peur.

l’eau au ventre elle frissonna.

pourtant elle était belle cette eau moirée scintillante si vivante. elle charriait des branches, des bouts de plantes, et même des fleurs. des odeurs de bois en décomposition , des odeurs fortes d’après la pluie qui lui donnaient la nausée.

« ses lèvres contre l’étui d’or » l’étui que tu croyais avoir perdu ? je ne l’ai jamais vu patric. Je sais que c’est toi qui lui avait donné, mais je ne l’ai jamais vu une cigarette aux lèvres, fumait-elle ?

« c’était son temps du bonheur » je ne sais pas, je ne l’ai jamais vu sourire, était elle- heureuse ? Toujours son visage fermé, distant, craintif parfois. Elle passait comme une ombre, silencieuse et rapide, le temps semblait l’ignorer et elle le lui rendait bien.

un autre temps se dessinait « son temps du bonheur, » Je voulais lui parler et elle me parlait « le temps du bonheur d’une future mort » mais je savais qu’elle aimait, la vie toi sans doute.

alors je me suis prise au jeu cher patric Je ne sais pas ce que tu attendais, attendais tu d’ailleurs quelque chose ?

voilà mes mots sur les tiens Je t’embrasse, à bientôt.

 

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 13:18

photos 0925 

  uovo de claudio parmiggiani

photo jeanne 

 

elle prenait des photos depuis si longtemps

écriture de la lumière,

si difficile à capter, à saisir

fixait sur le papier des éclats fugaces

des instants qui ne reviendraient jamais.

on ne revient pas sur une prise

le clic c’est pris

l’instant suivant ce ne sera plus pareil, la lumière changée.

elle se posait attendait,

attendait

de voir

de sentir l’instant qui la touchait, qui lui parlait

parfois le dialogues ne prenait pas,

pas le bon moment

pas la bonne lumière

pas le bon jour

pas l’instant

elle était tenace

elle reprenait sa quête pour un langage avec ses mots à elle,

sa vision, son instinct 

volait dans la rue, une expression, un rire, un éclat

cherchant toujours la lumière

peut être cherchait-elle sa propre lumière ?

un reflet d’elle, une émotion qui lui parlerait.

prendre saisir

sans réfléchir quelques fois parce que la photo s’imposait

le photographe est-il un voyant ?  

certains le sont qui ouvrent le portes d’un autre monde

un monde où parfois on se reconnaît

qui nous parle

qui nous donne le sentiment de ne plus être seul

une connivence intime.

il y avait des surprises parfois

des choses que l'oeil n'avait pas vu

mais que l'objectif lui

avait saisi  

 et parfois c'était magique.

 

 

 

"toute photographie est miracle avant d'être

miroir"*

là, aujourd'hui, elle comprenait la phrase,

elle en était là...

 

*joan fontcuberta

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 18:17

photos-1040-001.JPGphotos-1039.JPGphotos-1038.JPG 

 

 

Villers sur mer   Septembre 1919  

 

 c'était la fin de l’été, un été chaud, sans une goutte de pluie. les volets clos nous attendions la fin de l’après-midi pour nos longues promenades au bord de la mer proche. elle s’étalait à nos pieds. un murmure d'eau 

les enfants attendaient impatients l’heure du gouter après la sieste.  

 mes enfants…

 ils faisaient semblant de dormir, j’entendais leurs rires étouffés, mais je souriais : c'était le temps des vacances

 le temps des soleils après les temps de brume

 en l’absence de leur père je laissais faire, ils étaient tellement tenus à paris

 tous les ans de fin juin à fin septembre nous habitions le château des parents de Louis enfin à nous, pour une courte période.

 trois pièces au rez-de chaussée.

  il fallait aérer tous les matins pour évacuer l’odeur de moisi, d’humidité qui s’était incrustée au bas des murs.

  Pourtant j’aimais cet endroit de liberté, seule avec mes enfants.

la proximité de la mer.

les fins d’après- midi nous apportait le vent du large chassant les quelques miasmes d’hiver accrochés aux lourds rideaux coquelicots et les cris des mouettes folles.

 mes enfants, mes deux filles et mon fils...

 quel bonheur ce bout de mer, comme ils y étaient heureux.

 une  plage de sable, la mer peu profonde jouait avec eux.

 je les revois, chapeaux de paille identiques pour macha et clotilde

  d’où sortaient des nattes effilochées par la sieste. louis tentait les chateaux de sable.

 inlassable...

la marée prendrait d’assaut, les murailles et les tours, mais rien n’arrêtait mon fils. un vrai bâtisseur !!!  

il recommençait le lendemain… comme tous les matins.  

  mes deux filles, même âge, jouaient entre elles, cris, rires, éclaboussures d’écume. elles n’arrêtaient pas, vivaient la mer, les algues, les coquillages comme si elles ne devraient plus revenir. se gavaient de soleil  

 je faisais semblant de lire, ou peut être que je lisais, mais les mots ne s’imprimaient pas en moi. ils survolaient l'espace bleu  

 j'’avais pris quelques photos, je voulais immortaliser ces instants précieux.

je savais que ma mémoire me joueait des tours

un jour, bientôt…  

je prenais des photos pour quand je ne saurai plus,  

         pour quand je ne serai plus….  

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 08:14

photos-0796.JPGphotos-0795.JPGphotos-0794.JPGphotos-0793.JPGphotos-0792.JPGphotos-0797.JPG       photo jeanne 

 

stimulant amer et nécessaire, paquita parle du café  

elle en boit toute la journée

stimulant amer et nécessaire paquita parle des hommes ?

paquita fait des rencontres

amoureuses

patiente paquita  attend son amoureux au bingo

devant ses cartons et des tasse de café

des jours et des jours

folle paquita ? naive paquita ? paquita victime ?  

mauvaises rencontres ? 

paquita fait les mauvaises rencontres

qu'elle règle à sa façon...

coupante sanglante définitive !!!! 

 

l'actrice isabelle bondiau-moinet est impressionnante

nous donne d'elle des portaits si différents,

plus attanchants les uns que les autres. 

 

le texte est d'ernesto caballero

 



 


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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:33

575259150_small.jpg
    photo jeanne




 

elle respirait le soleil            tous les soleils


peignait le bleu des jours plus longs


couche après couche


tout en légèreté


les bourgeons de l’amandier attendaient


il serait le dernier à fleurir


le plus beau


encore cette année


les odeurs changeaient


fraîches d’un printemps annoncé


sans impatience


ne mesurait plus le temps


il glissait sur sa peau


elle regardait le monde


ce si vieux monde


mille choses à voir


mille choses à faire


avant que le temps ne la prenne


gober les étoiles jusqu'au matin


courir après la mer  son écume dorée


      chanter le vent

et se coucher dans son antre




 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 11:54

photo jeanne

photos-0323.JPG

tranquille elle regarde

elle couve ses oeufs au chaud de son abdomen 

tranquille elle regarde

elle n'a pas faim

pas encore ..............

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 12:27

                                            photo jeanne

photos 0447

les lignes se croisent

les lignes se coupent se recoupent

chemins de vies

rencontres

    des lignes s’effacent

existent encore

imprimées  

mémoire sélective

et sans doute que ces vies

parallèles croisées décroisées

se retrouvent à l’infini

un infini bleuté

ce point de fuite

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 14:37

1-DSC 0240    photo jeanne

 

... puis sont venu les barbelés

je veux dire

les tyrannies

la guerre

l'insupportable haine

le temps de la révolte

il a fallut se mettre en règle avec la nuit

et la beauté du jour n'a plus été qu'un souvenir....

 


... mais la beauté ne m'a jamais quitté...

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 09:57

photos 0051     

photo jeanne

 

le soleil éclabousse la piscine

milles reflets

milles scintillements

elle cligne des yeux

juste la fente verte de ses yeux et les choses semblent bouger 

le fond d’un bleu foncé est recouvert par endroit : des feuilles mortes dansent

se groupent

s’agglutinent

se détachent pour un ballet languissant.

le masque jaune et le tuba de gabriel sont ballotés d’une paroie à l’autre

jeux de fin d’été

elle est comme hypnotisée par le mouvement incessant de l’eau, son va et vient tranquille

un souffle d’air arrive des arbres

un souffle frais qui n’altère rien

l’eau vivante se meut seule

elle raconte  

non                    elle ne raconte plus rien

oublié les corps qui troublaient  bousculaient le silence

oublié le rire des enfants

elle regarde emmagasine ces derniers instants tranquilles de fin de vacances 

il est midi le soleil en aplomb brûle 

sa peau,

elle ne bouge pas, fait corps avec la serviette posée sur le sol surchauffé

elle n’y arrive pas clouée écrasée

l’eau doit être encore fraîche

juste se lever

faire quelques pas

se laisser aller glisser couler 

ramasser les feuilles le masque

alors elle se lève...

 

je la regarde appuyé à la fenêtre de la cuisine

j'ai mis la table

sorti le martini blanc

je l'attends...

elle arrive perlée de goutte d'eau...

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 08:00

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     la manif à marseille  

si quelqu'un se reconnait

s'il veut que j'enlève la photo 

 

me le signaler

jeanne

     c'était un beau moment

sous le mistral !

et une photo  de los angeles

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