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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 12:40
photo jeanne

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 03:11
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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 10:52
photo jeanne

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Elle regardait la pièce encore dans une demie obscurité

des piles de livres partout

à peu de distance des fenêtres

des magasines

des revues que mon père avait empilé depuis son adolescence toute la presse à scandale

des livres dits d’auteurs de haute et basse fosse

des relevés bancaires

des lettres à sa dulcinée qui je dois le dire n'était pas ma mère qu’allais-je faire de ces tonnes de papiers

là,

immédiatement mon cerveau tournait au ralenti

dans les couleurs automnales qui arrivaient par la fenêtre

je détestais tout en bloc

lui et ses livres

assise parterre le feu éteint

je l'aurai bien rallumer avec toutes ces pages mortes

je me moquais de ses histoires de perruches

de blaireaux

de ce djebel lointain

cadeau empoisonné

c'était tout lui égoïste et personnel

de son vivant je n'étais jamais entré dans cette pièce au relent de cannelle

aux odeurs de vieux cuirs

il m'en interdisait l'entrée

tout était mort en moi

il avait tout tué saccagé y compris la curiosité des livres

jamais je n'ai eu accès à son antre

les livres sont pour moi lettres mortes

je grimace secouée de sanglots

je le hait

je le déteste

la passion des livres

de là lecture il me l'a ôtée

je suis devenue asociale

dans cette pièce poussiéreuse

je vomis

je suis mal

au bord du malaise

j'aurais aimé partager ses voyages

ses départs dans la galaxie du centaure

ou ailleurs

ici recroquevillée

je ne rêve que d'autodafé

d’incendie volontaire

mon père est mort de sa phlébite mal soignée

comme un rat de bibliothèque qu'il était

un rat solitaire

je suis sortie de la pièce

dehors la mer

le bleu lointain

me venait une odeur de jasmin

le ciel se réconciliait avec moi

la première étoile me faisait signe

je suis partie

je suis revenue

et peut être que je n'allumerai pas le feu

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 15:18


Cette année l'horizon était rouge

sang

je sentais dans ma poitrine comme un gonflement

un appel d'air

l'amandier ne refleurirait pas

mais les érables donnaient déjà des bourgeons qui grossissaient de jour en jour

une fête de vert tendre

le printemps est rapide cette année

me venait des appels

du large

d'îles

hiva oa s’imposait à moi

les marquises

brel me venait dans les oreilles

au cœur

en boucle

sa musique ses paroles

les images d'une île où il avait choisi de se poser

comme un oiseau blessé

du haut de sa dernière demeure

il contemple la mer

ces bouts d’îlots

 je suis certaine qu'il est heureux

là où «  la mer se déchire infiniment brûlée »

là où les cocotiers « écrivent des chants d'amour »

« gémir n'est pas de mise  »

nous ici

nous pourrions gémir pleurer

mais à quoi bon

impuissante je garde la lumière tes mots

mon jacques je peux dire mon jacques

tu es de ma famille

mort, mais encore là plus vivant que des vivants

je suis allée là bas

périple             incontournable            indispensable

aujourd'hui que Bruxelles pleure

je pense j'imagine ce que tu  aurais dit

sans doute

« bien sûr le temps qui va trop vite ces métros remplis de noyés »

mais « étonnés d'être encore debout »

le cœur brisé

au sang

nous sommes encore debouts parce que c'est la seule position possible

"six pieds sous terre tu n'es pas mort" 

photos jeanne
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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 08:26
petites histoires - 15

Quand tu as pris cette photo je pensais à toi

tu vois bien mon léger sourire

j'étais ce jour là         sans artifice               sans défense

complètement à nous

dans cette studette

une petite pièce blottie sur ce front de mer

le port juste plus bas

la mer semblait tranquille

les bateaux rangés comme des allumettes dans leur boîte

oui je souris

à toi sans doute

au moment présent

à ces instants magiques

à ces heures

à ces nuits

je sais aussi

tu le sais aussi

je te dis ça sans amertume

oui nous

notre histoire ne va pas durer toujours

cela est-il important

je te sais en moi

le temps la distance n'y changerons rien

parfois je suis un galérien attaché à mes fers

prisonnier d'une vie pas vraiment choisie

mais tu sais tout ça

dans quelques heures je vais partir

nos vies sont ailleurs

la tienne la mienne

nous sommes dans des parenthèses

sans doute je t'aime

sans doute tu m'aimes

regarde la mer le soleil s'y noie

écoute le claquement des drisses

respire

dispensons nous des adieux des larmes

nous ne pleurons jamais n'est ce pas

il est parti avec son sourire

dans la coupelle sur la table une pierre bleue

j'ai pris le caillou

et j'ai claqué la porte

 

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 11:22
photo jeanne

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peux-tu m'appeler ?

sarah

 

il n'a qu'une sarah dans ma vie

la fille de danielle

la sarah que j'ai vu naître dans le nord de la france

j'ai pensé à toi ces jours çi

ah bon me dit elle ?

oui ma belle par moment comme des bulles remontent des souvenirs

ceux là étaient précieux

parfois douloureux

une époque

il m'en reste des moments forts

nous nous sommes dispersés

mais selon les évènements

nous arrivons encore à nous rassembler

comme nous rions

nous pourrions aussi pleurer

certains sont morts

nous gardons le bon le solidaire le joyeux le tendre

toi sarah

tu es dans mon décor

une belle jeune femme

je suis heureuse de ce rendez-vous à marseille

tu m'as parlé de ce texte que je t'ai envoyé il y a 5ans

tu me dis que tu n'en avais pas pris toute la mesure

toute la force

juste une pleine mesure d'amour-tendresse

que j'avais pour ta mère

 que j'ai pour toi

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 15:13
brisée...

brisée...

 la pièce de la médiathèque était dans une demi-obscurité

seule la fenêtre

ou plutôt une partie de la porte fenêtre donnait de la lumière

une lumière barrée

 sur le sol elle offrait des bandes de clair-obscur

un dessin géométriquement désolant

des scotchs jouaient les croisillons comme pour un jeu imbécile

un jet de pierre volontaire

la vitre avait résisté

mais il ne s'en fallait de peu qu'elle éclate en mille morceaux

 rapidement pour parer au plus urgent

on avait fait un pansement

la bêtise humaine s'affichait
 

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 11:47
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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 14:50
photo jeanne
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nous les gueux

nous les peu

nous les rien

nous les chiens

nous les maigres

nous les nègres

nous à qui n'appartient guère plus

même cette odeur blême

des tristes jours anciens

nous les gueux

nous les peu

nous les riens

nous les chiens

nous les maigres

nous les nègres

qu'attendons-nous

les gueux

les peu

les rien

les chiens

les maigres

les nègres

pour jouer aux fous

pisser un coup

tout à l'envi

contre la vie stupide et bête

qui nous est faite

à nous les gueux

à nous les peu

à nous les rien

à nous les chiens

à nous les maigres

à nous les nègres...

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 17:31

il était là

dans cette maison froide.

                          dehors l'hiver n'en finissait plus.

le mistral qui pouvait décoiffer les arbres, envoler les jupes, déchirer le linge,

les draps

laisser sur les cordes  les épingles nues et colorées,

ne soufflait plus

son dos le faisait toujours souffrir,

l'aspirine n'avait plus d'effet

un cautère sur une jambe de bois

il ne disait rien, celà ne servait à rien de se plaindre

l'écoutait-on seulement ?

son petit déjeuner sur la table basse

les biscottes tartinées

le café dans la tasse de sa mère

celle en porcelaine blanche avec des motifs or

celle qu'il ne devait pas mettre au micro onde

tout était là

rien n'était là

que cette envie de plus rien qui le prenait dès le matin

qui enflait avec les heures

des heures de 80 minutes

des minutes de 400 secondes

des longueurs de temps qui le tuait

il se sentait parfois mourir à petit feu

depuis quand avait-il cette impression ?

Gabriel ne le savait pas

cette espède de langueur s'était installée insidieusement

coulait

inondait son corps

son esprit s'embuait

brume du matin

brume des après midi

cauchemar des nuits sans sommeil

il se souvenait encore de certains de ses rêves

des utopies de ses folles années, de ses amis si chers

comme pris par un aspirateur

certains avaient disparu

pas forcemment morts

disparus dans la vie

en tous cas loin de lui

les messages s'étaient estompés au fil du temps

thierry ... qu'était -il devenu

son départ précipité avait rompu les dernières attaches

les dernières amares

                          dehors l'hiver n'en finissait plus

voilà qu'il se mettait à radoter

il avait peur de ce temps indéfinissable

de cette route infinie

de cette mer sans horizon

plate depuis que le mistral........

qu'avait-il à perdre ?

du temps vide

un goût de sciure dans la bouche

il appela sa fille

léna ?.......

sans attendre la réponse

il raccrocha.

 

 parti...

il était parti

photo jeanne

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