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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 08:26
petites histoires - 15

Quand tu as pris cette photo je pensais à toi

tu vois bien mon léger sourire

j'étais ce jour là         sans artifice               sans défense

complètement à nous

dans cette studette

une petite pièce blottie sur ce front de mer

le port juste plus bas

la mer semblait tranquille

les bateaux rangés comme des allumettes dans leur boîte

oui je souris

à toi sans doute

au moment présent

à ces instants magiques

à ces heures

à ces nuits

je sais aussi

tu le sais aussi

je te dis ça sans amertume

oui nous

notre histoire ne va pas durer toujours

cela est-il important

je te sais en moi

le temps la distance n'y changerons rien

parfois je suis un galérien attaché à mes fers

prisonnier d'une vie pas vraiment choisie

mais tu sais tout ça

dans quelques heures je vais partir

nos vies sont ailleurs

la tienne la mienne

nous sommes dans des parenthèses

sans doute je t'aime

sans doute tu m'aimes

regarde la mer le soleil s'y noie

écoute le claquement des drisses

respire

dispensons nous des adieux des larmes

nous ne pleurons jamais n'est ce pas

il est parti avec son sourire

dans la coupelle sur la table une pierre bleue

j'ai pris le caillou

et j'ai claqué la porte

 

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 11:22
photo jeanne

photo jeanne

 

peux-tu m'appeler ?

sarah

 

il n'a qu'une sarah dans ma vie

la fille de danielle

la sarah que j'ai vu naître dans le nord de la france

j'ai pensé à toi ces jours çi

ah bon me dit elle ?

oui ma belle par moment comme des bulles remontent des souvenirs

ceux là étaient précieux

parfois douloureux

une époque

il m'en reste des moments forts

nous nous sommes dispersés

mais selon les évènements

nous arrivons encore à nous rassembler

comme nous rions

nous pourrions aussi pleurer

certains sont morts

nous gardons le bon le solidaire le joyeux le tendre

toi sarah

tu es dans mon décor

une belle jeune femme

je suis heureuse de ce rendez-vous à marseille

tu m'as parlé de ce texte que je t'ai envoyé il y a 5ans

tu me dis que tu n'en avais pas pris toute la mesure

toute la force

juste une pleine mesure d'amour-tendresse

que j'avais pour ta mère

 que j'ai pour toi

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 15:13
brisée...

brisée...

 la pièce de la médiathèque était dans une demi-obscurité

seule la fenêtre

ou plutôt une partie de la porte fenêtre donnait de la lumière

une lumière barrée

 sur le sol elle offrait des bandes de clair-obscur

un dessin géométriquement désolant

des scotchs jouaient les croisillons comme pour un jeu imbécile

un jet de pierre volontaire

la vitre avait résisté

mais il ne s'en fallait de peu qu'elle éclate en mille morceaux

 rapidement pour parer au plus urgent

on avait fait un pansement

la bêtise humaine s'affichait
 

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 11:47
Photos jeannePhotos jeanne
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Photos jeanne

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 14:50
photo jeanne
photo jeanne

nous les gueux

nous les peu

nous les rien

nous les chiens

nous les maigres

nous les nègres

nous à qui n'appartient guère plus

même cette odeur blême

des tristes jours anciens

nous les gueux

nous les peu

nous les riens

nous les chiens

nous les maigres

nous les nègres

qu'attendons-nous

les gueux

les peu

les rien

les chiens

les maigres

les nègres

pour jouer aux fous

pisser un coup

tout à l'envi

contre la vie stupide et bête

qui nous est faite

à nous les gueux

à nous les peu

à nous les rien

à nous les chiens

à nous les maigres

à nous les nègres...

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 17:31

il était là

dans cette maison froide.

                          dehors l'hiver n'en finissait plus.

le mistral qui pouvait décoiffer les arbres, envoler les jupes, déchirer le linge,

les draps

laisser sur les cordes  les épingles nues et colorées,

ne soufflait plus

son dos le faisait toujours souffrir,

l'aspirine n'avait plus d'effet

un cautère sur une jambe de bois

il ne disait rien, celà ne servait à rien de se plaindre

l'écoutait-on seulement ?

son petit déjeuner sur la table basse

les biscottes tartinées

le café dans la tasse de sa mère

celle en porcelaine blanche avec des motifs or

celle qu'il ne devait pas mettre au micro onde

tout était là

rien n'était là

que cette envie de plus rien qui le prenait dès le matin

qui enflait avec les heures

des heures de 80 minutes

des minutes de 400 secondes

des longueurs de temps qui le tuait

il se sentait parfois mourir à petit feu

depuis quand avait-il cette impression ?

Gabriel ne le savait pas

cette espède de langueur s'était installée insidieusement

coulait

inondait son corps

son esprit s'embuait

brume du matin

brume des après midi

cauchemar des nuits sans sommeil

il se souvenait encore de certains de ses rêves

des utopies de ses folles années, de ses amis si chers

comme pris par un aspirateur

certains avaient disparu

pas forcemment morts

disparus dans la vie

en tous cas loin de lui

les messages s'étaient estompés au fil du temps

thierry ... qu'était -il devenu

son départ précipité avait rompu les dernières attaches

les dernières amares

                          dehors l'hiver n'en finissait plus

voilà qu'il se mettait à radoter

il avait peur de ce temps indéfinissable

de cette route infinie

de cette mer sans horizon

plate depuis que le mistral........

qu'avait-il à perdre ?

du temps vide

un goût de sciure dans la bouche

il appela sa fille

léna ?.......

sans attendre la réponse

il raccrocha.

 

 parti...

il était parti

photo jeanne

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 11:11
photo jeanne

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elle avait aimé cet homme passionnément

cet homme là,

puis un autre et un autre encore.

cela l'interpellait.

cette émotion qu'elle avait ressentie,

au plus profond d'elle

ne lui avait apportée,

donnée aucune leçon.

à chaque fois le même tourment

le même bonheur

pourtant il lui semblait que la première fois elle en avait fait le tour,

discernée toutes les facettes de ce sentiment,

de cette exaltation partagée,

de ce contact qui les accrochait aux étoiles

de ces étourdissement des sens,

de ces découvertes fabuleuses qu 'elle n'avait jamais oser imaginer,

qui bouleversaient sa vie profondément

ils avançaient

elle ne se sentait plus solitaire

elle pensait deux

mimétisme

deux identités qui se confondaient,

fusionnaient

qui par bonheur s'étaient ricoché télescopé un jour de hasard

ils voyaient les mêmes choses,

aimaient les mêmes choses

sentaient les mêmes choses

passagers d'un navire dont ils étaient capitaines

seuls maîtres à bord

les derrades* étaient quotidiennes

ils allaient vers le large

parfois dans la tempête

au milieu des embruns

dans le cris des mouettes

se jouant des vagues

ils ne voyant rien autour deux

que la mer

qu'ils voulaient bleue

le monde n'avait qu'une facette

la leur

 

 

* derrade : sortie du port mot du sud !

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 11:35
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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 10:52
2016
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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 11:24

 

 

 Il a dit à un quart d'heure le sommet

il me semble si loin

un quart d'heure

une heure ou plus qu'importe

il faut que j'avance

je me suis inscrite à se voyage...

irrationnelle...

je regarde autour de moi

les nuages s'effilochent à la cîme des arbres

des effilochées de coton éclatant sous le soleil

de la méringue douce

du brillant commestible

je suis en nage mes poumons

explosent

je siffle

ou plutôt ils sifflent brûlent

ma respiration se fait rapide superficielle

il semble que l'air n'arrive pas à mes poumons

ou si peu

je voudrais me poser là sur cette pierre recouverte de mousse

me déposer comme une méduse flasque

me ratatiner sous les feuilles

m'infuser dans le sol

me liquéfier

me dissoudre

m'évaporer

être une chose marginale, éthérée

un souvenir d'ailleurs

d'une autre vie

le temps se déchire

se dilate à l'inverse de mes poumons

il n'y a rien qui existe en dehors de l'air que j'avale

ce filet d'air qui soudain me suffit

me comble

je  glisse dans l'obscurité d'un creux sombre

odeurs de feuilles en décomposition

bruits étranges

le sol se fait doux moelleux

contact avec la roche tiède encore

je m'y plaque je fais corps

elle m'absorbe

me fagocyte

et là je n'ai plus besoin de respirer

photo jeanne

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