... "mes seules certitudes sont les fleurs de l'amandier... la mer son rivage et les constellations d'étoiles.." MES PHOTOGRAPHIES NE SONT PAS LIBRES DE DROITS
Il y eut un matin, un matin qui aurait pu être comme les autres
un matin-tôt bleuté,
un bleu noyé de rose celui du soleil qui pointait derrière la colline
un matin donc qui m’annonçait,
qui devait m'annoncer ta venue.
J'étais prête comme on peut l'être après une longue attente, moi qui n'attendait plus.
J'ai appris hier soir que tu ne viendrais pas.
Tu avais une bonne raison .
Tu étais partie,
partie n'est pas le bon mot, tu es partie si loin
et je ne sais où
les uns diront et les autres aussi,
tu n'es pas partie puisque tu ne reviendras plus.
Tu es morte hier,
avant hier ou avant avant hier.
Il y a peu de temps nous étions sur la mer, un bateau en Sicile
tu avais tant aimé l'eau bleu-caraïbe,
portant tu ne voulais pas venir, nous t'avions un peu forcé la main...
Comme tu étais heureuse après.
Première à l'eau toujours. Je nous revois sur ce rafiot.
Je revois ces jeunes mariés brésiliens, si jeunes, si beaux, le champagne offert.
La plage déserte, le sable blanc, la chaleur.
Je revois tout de ce matin et celui là compte.
Il est le premier sans toi,
ce sera pour longtemps.
Nous partirons cette année, nous l'avions décidé.
Nous ne savons pas encore où, mais nous ferons le voyage comme toutes les autres années.
Sans toi, les matins serons des matins sans toi, peut-être sans tristesse.
Quelque part tu seras avec nous, je mettrai tes boucles d'oreilles,
nous boirons le soir du rosé frais, referons le monde,
on rira, la larme à l’œil, tu seras là encore un peu.
La salamandre sur le mur nous parlera de toi, de nous, elle sait les choses.
Nathalie pleurera, nous ferons semblant de ne pas voir, les larmes sont communicatives,
Je sais .
Puis après la dernière étoile nous irons nous coucher
Tu vois, un matin sans toi, ça plombe.
Le vide viendra plus tard.
Après ce matin il y eut un soir,
et la lune nous racontera l’inconcevable qui semblait possible.