Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 14:21

 nous avions rendez-vous

    enfin

après tant de temps, nous allions  pouvoir nous toucher

pas que des yeux, plus des yeux

nous allions jouer de nos mains de nos corps de notre musique

avec tous nos désirs accumulés depuis toutes ces années

je voulais un endroit magique pour cette première fois

et j’en avais un

une vieille maison 
un creux de colline dans un petit village

 y aller la veille pour tout préparer

je voulais que ce soit  je n’osais dire parfait

gabriel devait arriver tôt, je lui avais tout expliqué, le chemin, le parking la maison

Je l’attendais vêtue de cuir noir

    des chaussures vertigineuses

 en riant je disais qu’elles n’étaient pas faites pour marcher

j’avais soigné mon maquillage

sorti mes peintures de guerre,  tendre la guerre

ma bouche rouge mes yeux noirs chargés au charbon

les cils allongés de mascara

je t’attends gabriel je t’attends

La maison avait un étage

j’étais en haut dans la chambre
en bas la porte s’ouvrit

sa voix : léna ?

Il était là…

comment empêcher mon cœur de sauter dans ma poitrine

mes jambes de flageoler mes mains de trembler

en descendant les escaliers je m’accrochais à la rampe

une simple corde

j’avais la bouche sèche

doucement je me rapprochais de lui

lui de moi

nos regards se prenaient

 à me noyer dans le noir de ses yeux

je volais, gabriel

je volais vers toi dans tes bras

heureuse je touchais le bonheur du bout de mon aile…

un baiser long interminable

qui perçait mon âme allumait un incendie irradiait mon ventre

 j’aurai pu tomber

l’émotion, les chaussures

il me tenait fermement

 nous tanguions un peu

il y avait les 47 marches à monter….

 

Après une route impossible, j’étais devant léna, elle était prête visiblement prête

elle m’expliqua que le lit était à l’étage

Un lit métallique, à barreaux comme celui dont nous avions parlé un jour

Le cuir sur elle

ses talons vertigineux

son maquillage subtilement outrancier me plongeait déjà dans une excitation indescriptible et extrême

je la pris dans mes bras 
dans l’odeur du cuir du café  de la cigarette

je l’embrassais longuement avant d’entamer

marche par marche

l’escalier qui montait à la chambre

je me frottais à elle la frôlais

la serrais

nos regards déjà complices

l’ambiance de la chambre était trouble

préparée à l’excès de nos gestes

préparée à un corps à corps sans retenue

un rai de lumière éclairait le lit cage

un peu de soleil à travers les volets mal joins

 je sentais de multiples désirs m’envahir

léna sentait tout cela

elle s’allongea sur le lit,releva les bras

de façon à ce que ses poignets soient si  prêt du métal que les attacher devenait une évidence

ce que je fis… des cordes soyeuses étaient là sur le drap

tout son corps était une invitation
un endroit où je voulais me perdre

entre ses cuisses entre ses bras j’étais son prisonnier

nos regards nos corps nos sexes se reconnaissaient

ils s’emboîtaient prenaient leur juste place

nous étions liés

intiment liés

je m’immiçais entre peau et cuir dans une excitation que léna savait rendre intenable inavouable

Nous nous prenions

 corps

 yeux

 mains

bouche

dans une simplicité qui me dépassait me procurant un plaisir qu’aucune femme n’avait su me révéler

comme si nous nous étions toujours connus

 nos corps se reconnaissaient s’aimaient

la jouissance nous envahit à plusieurs reprises sans altérer nos fantasmes nos désirs qui se poursuivaient ainsi interminablement

je coulais en elle et je sentais le plaisir qu’elle avait à aller au delà du plaisir même

dans les espaces enfouis de ses désirs
bien au delà de l’amour…

 

 

 

  * photo jeanne

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by jeanne
commenter cet article

commentaires

morsli 18/11/2009 21:26


Finesse, sensualité, description des corps, des étreintes, des sensations...quel bel exercice ! quelle passion ! l'ascension vers l'extase.Merci et bonne soirée.


saadou 18/11/2009 19:32


courageuse jeanne, je t'aime quand tu oses écrire "vrai", sans fausse pudeur, ce que certains ont vécu un jour ou que d'autres aimeraient vivre...
malgré cette sensualité exacerbée, cette vérité crue, tu ne tombes pas dans le vulgaire!
et moi, je suis conquise...
je t'embrasse ma si passionnée madeleine


Pavan Kaul 18/11/2009 15:43


A beautifully treated shot...well done!


Joël Fauré 17/11/2009 20:56


J'ai d'abord focalisé sur le choix de la maison (Ce n'est pas innocent, je me trompe, chère Jeanne ? -Une maison, c'est important...-), puis sur le cuir, le corps, le cuir à corps, le corps à cuir,
le coeur à cuir et le coeur à corps...
Beau texte vraiment, oui...


jlg30 17/11/2009 13:02


Ahhh ! Magnifique ton histoire ,ça me donne vraiment envie de venir dans cette maison aux 47 marches !!!!!
Belle illustration par ta photo !
Bonne journée Jeanne.


AURORA 17/11/2009 01:12


Tout l'érotisme de la passion assouvie se dégage de ces mots, de ces gestes, de ces odeurs...
Il y a quelque chose de torride et de presque palpable dans tes lignes.
Magnifique, vraiment!


Gérard Méry 16/11/2009 22:46


Rien de plus excitant de monter un escalier à deux !


thami 16/11/2009 22:34


Ah! Cet ange Gabriel! Je vois qu'il t'a donné des ailes !
Superbe de sensualité!


Corinne 16/11/2009 21:19


L'intimité...sans la complexité....un rêve ...que faire ? agir....


  • : Le blog de jeanne
  • Le blog de jeanne
  • : ... "mes seules certitudes sont les fleurs de l'amandier... la mer son rivage et les constellations d'étoiles.." MES PHOTOGRAPHIES NE SONT PAS LIBRES DE DROITS
  • Contact

Recherche