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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 10:28

photo jeanne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'était une terre d'ici

une terre d'un pays grand comme la main

une parcelle minuscule plantée d'oliviers

une terre avec sa petite ferme, un poulailler, une bergerie

Toni avait toujours vécu là

ses premiers souvenirs étaient nés là,

dans ce lopin de terre il avait appris à marcher, dans la caillasse et la poussière

il se souvenait de ses courses après les poules, de ce méchant coq qui n'hésitait pas à l'attaquer quand il jouait sous la table

il avait dans l'oreille le vent qui passait la colline

chaque vent avait sa musique son chant

il ne redoutait que le mistral ses sifflements aigus,

la peur qui la nuit le faisait se réfugier dans le lit de son frère sous l'édredon rouge

Toni avait vu ses parent travailler du lever au coucher du jour, tous les jours ils ne se plaignaient pas, ils vivaient chez eux

il aimait la grande pièce commune, ses tomettes qui avaient perdues leur rouge d'origine mais qui gardaient la fraîcheur

il faisait bon s'y étendre aux chaudes journées d'été

les deux chambres contiguës lui semblaient vastes, les fenêtre sans volets s'ouvraient sur un champ de luzerne, après la pluie la chambre sentait l'herbe fraîche

longtemps après

en fermant les yeux, fort, plus tard, il retrouvait un peu de cette odeur tendre

il aurait pu pleurer,

dans leur chambre deux lits une commode ancienne avec 5 tiroirs

une seule clef pas de poignée

sur le haut un marbre doux comme la peau, rouge veiné de sombre,

il vient de carrare avait dit sa mère

Toni ne savait rien du monde, le sien était là, tout petit et carrare chantait à ses oreilles...

l'autre chambre était celle des parents, on y entrait pas.

Elle avait des volets bleus qui joignaient mal, qui grinçaient au vent

mais il n'avait pas peur

ici il n'avait jamais peur, jamais

le temps passait doucement, l'hiver n'était jamais rude,

une pluie de grêle oui, une fois avant le printemps, il avait aimé ces petites perles froides qui se consumaient dans sa main

il ne se posait pas de question, sa vie était rythmée par les saisons

l'école, les vacances, le bleu du ciel si bleu si déchirant de bleu parfois.

Avec la saison des olives arrivaient deux cousins du nord de l’Italie

il aimait les entendre chanter le soir, le jour

ils chantaient les cousins ils riaient les cousins

la lettre arriva recommandée

son père du signer sur un papier du facteur

la lumière dans la chambre de ses parents restait allumée longtemps dans la nuit

les yeux de sa mère se cerclaient de bleu foncé

lui et son frère avait entendu les mots départ, bagages ailleurs

qui ne voulaient rien dire

qui ne lui disaient rien

le petit Toni ne savait pas, ne voulait pas savoir

pas encore...

 

 

j'ai par erreur effacé deux de mes abonnés

et je ne sais pas lesquels

désolée

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Published by jeanne
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commentaires

saadou 09/11/2016 18:51

on ne s'en remet jamais d'être exilé
bises

jeanne 10/11/2016 08:18

je le pense
il reste
toujours en nous cette maison ce quartier
il m'habite encore parfois
comme une nostalgie douce
l'enfant que j'étais
vivait la rue vivante et chaleureuse.

tu as eu mes coordonnées ?
impossible de commenter le blog
dont tu m'as parle ...
bises bises

Pâques 08/11/2016 19:35

La maison de l'enfance, un paradis où le temps s'écoule sans se poser top de questions ...
Adorable ce petit Toni :-)

jeanne 09/11/2016 09:11

Bonjour Paques
je me souviens que même enfant
je me posais quelques questions
une enfance en turbulences sans doute
mais qui nous forge quelque part
merci pour ta présence

Henri-Pierre 08/11/2016 16:40

Quitter les lieux de son enfance est l'écroulement d'un monde et on en garde au cœur l'ecchymose dont le bleu ne pâlit pas avec le temps

jeanne 09/11/2016 09:10

cher Henri -Pierre
oui la plaie est là sans doute
mais je veux croire qu'il sait qu' en un monde différent existe
où il saura
avec sa famille
trouver sa place

gazou 06/11/2016 16:47

On l'imagine, le petit Toni, et l'on imagine aussi la suite...
aura-t-il assez de force pour, un jour, retrouver en lui le paradis perdu?

jeanne 09/11/2016 09:07

merci gazou
je pense qu'il aura la force
les fondation sont solides
et il n'est pas seul...

Edmée De Xhavée 06/11/2016 10:57

Ce n'est pas moi ;)

Beau texte... riche de simples choses qui font le tissu de la vie. Et tout peut changer de décor si brusquement.

jeanne 09/11/2016 09:02

ce tissu de vie qui s'effiloche si vite
on croit tenir
et soudain...
une autre route un autre destin
merci Edmée d'être là

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